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Manière Noire

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La Manière Noire, appelé aussi mezzotinto, ce procédé indirect de gravure inventé au 17ième siècle, connait son heure de gloire au 18ième. Il utilise comme support une plaque de cuivre qui est travaillée sur toute sa surface avec différents outils. Le résultat imprimé présente une large gamme de valeurs, du blanc au noir profond, en passant par les différentes nuances du gris. 

On utilise, dans une première étape, le "berceau", instrument garni d'aspérités très serrées. Par son balancement, cet outil produit des pointillés qui sont gravés sur toute la surface du métal. On obtient ainsi un grain sur la plaque. Si on imprimait à ce stade, on obtiendrait un noir profond velouté. Ensuite, on peut revenir aux gris et au blanc en ôtant plus ou moins le grain au brunissoir ou au grattoir. Technique directe, c'est aussi une technique de gravure écologique: tout y fait par l'action mécanique des outils, sans intervention de produits chimiques nocifs. 

La manière noire place le graveur dans des conditions assez semblables à celles du dessinateur, le brunissoir et le grattoir remplaçant le crayon toutefois la tenue de ces outils. L'un et l'autre peuvent réaliser des dégradés extrèmement nuancés. 

La différence fondamentale réside dans le fait que le dessinateur part de sa feuille blanche et va vers l'ombre, tandis que le graveur vient de l'ombre vers la lumière. 

Avec "La Ronde Sauvage", Pierre Albuisson précise et confirme la dimension symbolique de son oeuvre: le mouchoir de dentelle aristocratique et immaculé contient le fruit du pauvre, du vagabond, la mûre, à l'impreinte nuancée de noir bleuté dont on sait l'importance en alchimie. 

De la lumière omniprésente naissent bien des contrastes: l'empreinte de la matière vivante née de la nature sur la matière inerte, brodée par la main humaine, lui donne vie, les rend toutes deux inaliénables en leur conférant une immortalité d'ordre minéral. 

Pierre Albuisson: "La Ronde Sauvage".

  • Pierre Albuisson: Gravure en manière noire d'un mouchoir brodé et dentelé, contenant des mûrs. Scan © Pierre Albuisson. 

Albuisson explique: 

A dix-sept ans,.je travaillais sur le fantastique, ce que j'appellais le fantastique naturel ... Je partais de l'ècriture automatique, d'images mentales, dont je retrouvais l'équivalence dans la nature. Je fermais un premier cercle. Puis je réalisais une oeuvre fantastique à partir de sources naturelles, réalistes, pour passer dans le monde de l'imaginaire. Je fermais le deuxième cercle. 

Je réalisais une oeuvre fantastique à partir d'une source réaliste. La notion qu'avait Roger Caillois du fantastique rationnel me plaisait. Son fondement d'une poétique généralisée.  R. CAILLOIS "Les mêmes postulations, les mêmes démarches organisent la matière inerte, la rigueur des sciences, la dérive de la rêverie.

Je lisais ses bouquins et je me disais: "ce gars-là, il faut que je le rencontre. Il exprime en littérature ce que je cherche à travers mes dessins...  On a pris rendez-vous."  Et la première rencontre a lieu avec Roger Caillois, esprit universel, familier de la zoologie et des contes populaires, inspirè par Montesquieu et la littérature fantastique.

Ce fut le début d'une grande amitié, reconnait Pierre Albuisson. Caillois adorait "la manière noire". Elle a ça d'extraordinaire, disait-il, elle est comme l'intelligence, elle fait tomber les pans des ténèbres. Les rencontres deviendront régulières. "Sur le plan intellectuel, Caillois m'a permis de préciser ma pensée, de me situer, de savoir où j'en étais". 

Pierre Albuisson: "Roger Caillois". Pierre Albuisson: "Will-o'-the-Wisp. Homage to Roger Caillois".
  • Pierre Albuisson: Gravure en manière noire de Roger Caillois (1913-1978). Scan © Pierre Albuisson. 

  • Pierre Albuisson: "Le Fulgore: Hommage à Roger Caillois". Cette gravure a obtenue le préstigieux Prix International de Rank Xerox de gravure en manière noire. Scan © Pierre Albuisson. 

ROGER CAILLOIS, "PICASSO LE LIQUIDATEUR", 
28 novembre 1975 dans "Le Monde". 

"Depuis que Picasso a rompu avec l' "Art" de peindre, la peinture, sinon l'art, ne s'en est pas remise. 

Les prédecesseurs de  Picasso "entendaient reproduire la nature, la rectifiant ou la forçant au besoin. Ils en accentuaient tel ou tel caractère, mais en préservant la ressemblance. 

Picasso s'acharne à peindre ce que la nature ne saurait en aucun cas produire. (...) Il disloque corps et visages de façon qu'ils ne puissent visiblement plus répondre à la moindre nécessité ou au moindre équilibre organique." 

(Extrait de l'article de Roger CAILLOIS)

Pierre Albuisson:  Portrait of Roger Caillois.

Pierre ALBUISSON a écrit; "La plupart des tendances artistiques contemporaines font plus partie des maladies psychiatriques que de l'art et sont souvent de vastes  complaisances à la maladresse." On trouve les gravures en manière noire comme illustrations d'un grand nombre de livres du 19ième siècle, notamment dans les oeuvres d'Edgar Allan Poe. 

Pierre Albuisson: engraving of an old and dead tree.

Cette oeuvre est une gravure au burin. Gravure sur cuivre au format 44,5 cm sur 69,5 cm, tirée sur papier Arches 56,5 cm sur 76,5 cm. 

Cette gravure traditionelle au burun regroupe l'ensemble des travaux au burin pour le fantastique, et "L'enraciné", ce vieil arbre mort gravé au burin pour une renaissance, représentent ce chemin éblouissant qui unit le noir et le blanc au-delà de la matière inerte et visible. 

La dynamique d'élancement est salaire, dépasse la symbolique liée au motif figuratif de l'arbre: elle est élévation vers cette lumière présente dès les premières oeuvres fantastiques et trouve sa continuité dans l'arbre. 

On perçoit l'intérêt de ce passage du fictif, monde de l'imaginaire, à ce fituratif, particulier que Pierre Albuisson nomme lui-même "le transréalisme naturel". 

  • Pierre Albuisson: Gravure du "Vieil Arbre Mort". Scan © Pierre Albuisson. 

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Sources et liens:  


Réalisation juin 2005. Revisé 10-feb-2007
Copyright © Ann Mette Heindorff & Pierre Albuisson 
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